«Tout commence en 1820 lorsque la guerre est finie, rappelle le commissaire Diederik Bakhuÿs. Outre-Manche, la génération des jeunes artistes romantiques réalise son rêve : partir sur les traces de la Normandie gothique. L'ancien duché de Guillaume le Conquérant, à l'origine de leur nation, demeure encore très médiéval. Le territoire va être littéralement passé au peigne fin pour une moisson de feuilles qui serviront à la publication d'innombrables gravures. La notion de patrimoine émerge alors dans l'opinion, au point que les saccages commis depuis le début de la Révolution arrivent à être freinés.»
A ROUEN c’est la NORMANDIE ROMANTIQUE qui est représenté au fil de lithographies, estampes, aquarelles et crayons, le pittoresque est essentiellement celui des églises, des châteaux, des abbayes, des fontaines…quelque cent quarante peintures, aquarelles, dessins et estampes, dus à Bonington, Cotman, Turner ou encore Géricault ou Isabey sont réunis. C'est ce type de travail qui donne enfin une idée au public nostalgique de la Restauration des beautés de l'abbaye de Jumièges, du château de Tancarville ou des berges de la Seine. Hubert Robert avait célébré la ruine antique, les romantiques sacralisent, eux, les vestiges de Robert le Diable ou d'Arques-la-Bataille. Ils créent le goût troubadour, visions poétiques où des personnages vêtus comme sous Henri IV peuplent les abords d'édifices venus d'un passé grandiose et blessé. Le succès est tel que le baron Taylor et Charles Nodier réussiront la commercialisation de leurs vingt volumes des Voyages pittoresques et romantiques entre 1820 et 1878.
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