L’AME concerne les sans-papiers vivant avec moins de 634 euros par mois (pour une personne seule). Le dispositif concerne 215.000 personnes, et permet aux étrangers en situation irrégulière, d’être pris en charge à 100% du tarif de la Sécurité sociale pour les consultations de médecine, la maternité et le forfait hospitalier.
En marge du texte de loi sur l’immigration et durcissant entre autres les conditions d’entrée en France, des députés UMP militent pour une restriction de l’AME, et ont déposé des amendements dans ce sens. Mercredi déjà, l’amendement déposé par le député Dominique Tian, et visant à limiter l’AME aux personnes en situation de soins urgents et vitaux, a été retoquée par la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale.
Restreindre l’AME aux soins urgents et vitaux, reviendrait plus cher à l’Etat, selon les associations et ONG
Face aux raisons évoquées par les députés UMP (réduction des dépenses de santé), tout le monde associatif est formel : l’AME coûte moins cher que restreindre de façon drastique l’accès des sans-papiers aux soins gratuits. Ainsi, il reviendrait nettement plus cher de prendre en charge, au dernier moment, un clandestin ayant besoin de soins urgents et vitaux, que de lui permettre de se soigner gratuitement, avant que la situation n’empire. Pour eux, une réforme de l’AMe serait une stigmatisation de plus de l’étranger, considéré comme "un profiteur". Les associations redoutent enfin qu’un durcissement des conditions d’accès à l’AME, ne poussent des milliers de sans-papiers à renoncer aux soins de santé, avec à terme, des coûts plus importants pour la collectivité