Partager l'article ! « Quand je cesserai de m'indigner, j'aurai commencé ma vieillesse. » (André Gide): La fin de l’année 2010 a vu le succès d’un « p ...
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La fin de l’année 2010 a vu le succès d’un « petit livre » (petit par le prix – 3 € - et le format – 30 pages) mais grand par la force de la conviction de son auteur Stéphane HESSEL.
« INDIGNEZ-VOUS » a ainsi été vendu à plus de 500.000 exemplaires, focalisant les nombreux motifs d’indignations qui ont égrené l’année qui s’achève.
Cette incapacité de notre société à agir sur les nombreuses difficultés manifeste, malheureusement de notre indifférence collective, même si, le succès de certains appels à la solidarité, la mobilisation des bénévoles associatifs qui au quotidien œuvrent pour réduire les excès des incontestables injustices qui prospèrent.
S’indigner est salutaire pour la santé mentale de notre société, quant bien même elle demeure minoritaire (voire marginale). Reste à souhaiter qu’elle permette l’expression d’une autre conception de notre civilisation, soucieuse de partage, de respect de l’autre.
Stéphane HESSEL ne s’est pas contenté de « s’indigner », son parcours personnel donne du corps à son indignation : S’engager, encore et toujours. Ouvrir les portes de l’avenir. Ne jamais renoncer, ne jamais rester sur un échec. Et même la mort, la regarder comme une amie. Comme une porte qui pourrait s’entrouvrir sur une autre dimension. Puisque l’espérance est violente, comme le disait Apollinaire. Puisque le courage est l’autre nom de la poésie. Puisque l’amour et la beauté n’ont pas été vaincus par les nazis. Puisqu’il y a Chagall, et Picasso, et Duchamp, qui prouvent qu’il est possible de vivre autrement.
À propos de son engagement au sein des Nations unies, Stéphane Hessel donne libre cours à son lyrisme naturel. « J’ai 30 ans, me voici à New York. Je m’engage dans ce nouveau combat. Je participe à la rédaction de la Déclaration des Droits de l’Homme. Elle est adoptée sans un seul vote contraire ! C’est un texte ambitieux, infiniment précieux, auquel on a pu ajouter l’adjectif "u-ni-ver-sel". C’est unique dans l’histoire des relations entre États. Pour la première fois, il est dit qu’il existe des valeurs qui s’appliquent à tous les États et à tous les humains ».
En 1977, ambassadeur à l’ONU, il veut être de ceux qui apporteront une réponse efficace au problème du sous-développement. Il rédige un premier rapport sur la question, mais « Giscard n’en veut pas ». Un deuxième rapport commandé par Rocard, est mis au placard par Mitterrand. Un troisième rapport, remis à Lionel Jospin, sera lui aussi oublié. « Vais-je renoncer ? Je ne peux pas. Ce problème me préoccupe toujours. Je suis membre du Collegium international éthique, scientifique et politique, qui s’efforce de faire face à ce défi de la pauvreté dans le monde ».
Pour ce qui concerne le Proche-Orient, comme son ami Jean Daniel, Stéphane Hessel est de ces juifs qui considèrent la guerre des Six Jours comme une césure tragique. « Jusque-là, je donnais tort aux Arabes, ils n’auraient pas dû attaquer les Israéliens en 1948. Après 1967, j’ai constaté que les Israéliens laissaient passer toutes les occasions de changer d’attitude à l’égard de leur voisin. Nous sommes nombreux à penser qu’Israël va droit dans le mur... »
Lors du « débat » sur l’Identité National il s’indigne, il demande ce que font Sarkozy, Hortefeux et Besson. « Tous ces peuples ont créé puis ont enrichis cette fameuse identité nationale dont on nous rebat les oreilles. Le problème de l’immigration me préoccupe depuis plus de vingt ans, je m’inquiète pour les malheureux immigrés que l’on prive de leurs papiers, que l’on refuse de régulariser, et que l’on essaie d’expulser. Je travaille avec France Terre d’Asile, avec la FIDH... »
Il représente ainsi un exemple de ce que peut (doit ?) être le comportement d’une « minorité agissante », vigile d’un monde à la dérive et luttant inlassablement et quelqu’en soit les déconvenues, pour améliorer notre société.