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Dimanche 9 janvier 2011 7 09 /01 /Jan /2011 11:51

Je ne résiste pas  à l’envie de citer Plutarque qui, dans ses « Préceptes Politiques » rappelle « ceux qui se lancent dans toutes les tâches politiques qui se présentent […] ont tôt fait de rassasier le peuple de leur personne et de se rendre insupportables, si bien qu’on jalouse leur succès et qu’on est heureux de leurs échecs »

Il semble que de nombreux personnages politiques contemporains, avides de communication à outrance ainsi que leur conseiller en communication n’aient pas lu Plutarque …. Quoique certains hommes politiques semblent avoir fait le choix du silence (au moins sur leurs intentions).

Cette stratégie du silence, réussit en son temps au célèbre PERICLES qui su se faire élire et réélire à de nombreuses reprises. Stratège d’ATHENE, (au sens premier du terme), il ne fut exempt d’aucun des reproches qu’encours la plupart de celles et ceux qui firent fonction de gouverner les hommes, et qui semblent donc lié à l’exercice du pouvoir.

La prise de décisions, quelle qu’elle soit, est rarement bonne ou mauvaise, mais résulte le plus souvent d’un compromis acceptable, la somme des avantages dépassant celle des inconvénients.

Pour autant, il est nécessaire pour avancer vers une société plus juste, de bousculer les gouvernants, et inlassablement, de s’indigner des injustices. L’abbé Pierre, Albert JACQUES et aujourd’hui Stéphane ESSEL, mais aussi Augustin LAURENT et les « enfants de Don Quichotte », et plus généralement les associations qui crient leur révolte contre l’injustice, ne sont pas de « doux rêveur » « Sa démonstration est si faible et la plume si incertaine qu’il n’a pas la puissance d’un pamphlet. Qui pourrait décemment s’opposer à un texte dégoulinant de bons sentiments, aux grands principes, aux grands idéaux et aux grandes idées qui y sont énoncées ? » nous explique un homme politique (avec un petit h malheureusement) dans son blog, jaloux peut-être de la notoriété de son aîné (un Homme avec un grand H), ou saisi du syndrome de la communication à outrance.

Car la soif de communiquer amène ceux qui veulent exister et ont le sentiment que leur existence et leur avenir politique se mesurent  en fonction du nombre de citation dans les médias, quitte à faire polémique, y compris au détriment de leur valeurs supposées, à l’aveuglement et la confusion entre le rôle des Politiques et celui des Vigies de notre société, des révoltés, des utopistes, de ces voix libres d’aller aux delà de la « majorité silencieuse » du « on ne peut pas faire mieux » « il faut être réaliste ».

Charles Fourier  écrivait « On commence par dire : cela est impossible pour se dispenser de le tenter, et cela devient impossible, en effet, parce qu'on ne le tente pas. »

Ni Stéphane ESSEL, ni Albert JACQUARD, ni l’ABBE PIERRE en son temps (et tous « dégoulinant de bons sentiments ») ne furent élus (quoique l ABBE PIERRE, l’ait été). Pour autant ils ont ou eurent un pouvoir d’influence, et le mérite de faire avancer les choses bien plus que de nombreux hommes politiques… Quant au premier « intellectuel engagé » que fut VOLTAIRE, qui se révolta (qui s’indigna !) contre des injustices que « l’ordre établi » n’était pas disposé à corriger, force est de constater – avec le recul – qu’il contribua grandement à l’évolution de notre société.

Par Marc-Olivier Caffier - Publié dans : SOCIETE
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Dimanche 2 janvier 2011 7 02 /01 /Jan /2011 21:28

La France (5ème puissance mondiale) comptait entre 4,3 et 7,8 millions de personnes pauvres en 2008 (soit plus de 10% de sa population), selon la définition de la pauvreté utilisée (seuil à 50 % ou à 60 % du niveau de vie médian). Le taux de pauvreté va de 7,1 à 13,2 %.

Les niveaux de vie des personnes démunies ne sont pas comparables à ceux que l’on rencontre dans les pays les plus pauvres. En 2008, le seuil de pauvreté pour une personne seule etait de 791 euros mensuels au seuil à 50 % du niveau de vie médian, et de 949 euros mensuels pour le seuil à 60 %. Il n’empêche que des millions d’enfants, d’hommes et de femmes vivent en marge des normes de la société. Ils n’aspirent pas seulement à manger, mais aussi à avoir un logement décent, à étudier ou à travailler, à se soigner... comme les autres.

Depuis le milieu des années 2000, les taux sont restés stables (rappelons qu’il existe une incertitude de + ou - 0,5 point) mais le nombre de personnes pauvres est reparti à la hausse : + 500 000 entre 2002 et 2008 selon le seuil à 50 %. Il ne s’agit pas d’une "explosion", mais le mouvement est d’autant plus inquiétant que la progression du chômage depuis la mi-2008 risque d’aggraver les choses.

Face à cette situation, Martin Hirsch a proposé (imposé ?) le revenu de solidarité active (RSA).

L'une des principales nouveautés du dispositif était de procurer un complément de revenus à des travailleurs pauvres - non concernés auparavant par le revenu minimum d'insertion (RMI). La cible affichée était de deux millions de personnes, 90% de ces "nouveaux" allocataires devant être couverts dès la fin 2009, soit six mois après le lancement du dispositif. Aujourd'hui encore, on en est très loin : en septembre 2010, seules 650 000 personnes en activité percevaient un complément de revenu au titre du RSA. Un chiffre qui tend à plafonner depuis les six derniers mois. 150 000 à 200 000 d'entre eux auraient de toute façon été prises en charge par l'ancien dispositif d'intéressement lié au RMI. Parmi les 2 millions de "nouveaux" allocataires annoncés, seul un quart s'est donc réellement vu ouvrir des droits au RSA "activité". Une proportion dont la modestie ne peut être imputée à la crise financière !

Le même genre de décalage risque fort de se renouveler avec le RSA "jeunes". Déjà profondément vidé de sa substance du fait des conditions imposées pour y accéder (il faut avoir travaillé deux ans à temps plein dans les trois dernières années), ce dispositif ne touche aujourd'hui que quelques milliers de jeunes, bien loin de l'annonce gouvernementale de 160 000 personnes potentiellement concernées.

La mise en œuvre du RSA engendre aussi certaines difficultés pour les allocataires. Selon une enquête réalisée par la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars) auprès des travailleurs sociaux, 35% d'entre eux signalent que des allocataires du RSA ont perdu certains droits connexes par rapport au RMI (notamment la CMU complémentaire et la majoration de l'aide personnelle au logement). Plus de la moitié évoque des difficultés d'accompagnement pour les allocataires.

Pour ces raisons le RSA semble bien mal parti pour remplir le rôle que lui avait assigné le gouvernement.

Hors, le RSA devrait être le moyen pour de nombreux « exclus » de bénéficier d’un suivi personnalisé, d’un accompagnement à la recherche d’emploi et idéalement de la possibilité de reprendre une formation. Les limites liées à l’obtention du RSA exclus les plus fragiles du dispositif.

Le problème de la pauvreté (ou de l’extrême pauvreté) résulte de la difficulté à s’intégrer dans notre société et à bénéficier des attributs indispensables à une reconnaissance sociale : un logement décent, un travail valorisé et le sentiment d’utilité sociale.

Sur ce point le RSA manque probablement d’ambition car l’accompagnement devrait pour être efficace être plus dense, intégrer le problème du logement, de la formation voire de la possibilité de reprendre un cycle « long ». Mais le choix des moyens à affecter est un choix de société :

Aujourd’hui le RSA est financé par les départements et par l’état :

1. Les départements prennent en charge le RSA « de base »

Les dépenses à la charge du département correspondent au RSA « de base », qui comble l'écart entre les revenus professionnels des allocataires et le niveau du revenu minium garanti. Le coût brut global du RSA « de base » à la charge des départements devrait s'élever, en année pleine, à « environ 6,5 milliards d'euros » ; correspondant peu ou prou aux sommes déjà consacrées par eux au RMI, l'ensemble des dépenses nouvelles induites par la mise en place du RSA devrait être compensé par l'Etat.

2. L'Etat, à travers le FNSA, prend en charge le RSA « chapeau »

Un « fonds national des solidarités actives finance la différence entre le total des sommes versées au titre de l'allocation de revenu de solidarité active par les organismes chargés de son service et la somme des contributions de chacun des départements ». Ce fonds national des solidarités actives, ou FNSA, prend donc en charge le financement du RSA « chapeau », qui correspond à l'ensemble du dispositif RSA moins le RSA « de base », pris en charge par les départements. Le champ des allocataires bénéficiant du RSA « chapeau » sera égal à l'ensemble des allocataires du RSA qui ont des revenus professionnels.

Les recettes du FNSA proviendront de contributions additionnelles aux prélèvements sociaux mentionnés aux articles L. 245-14 et L. 245-15 du code de la sécurité sociale. En outre l'Etat assure l'équilibre du fonds national des solidarités actives en dépenses et en recettes ». Il en résulte que, outre la taxe additionnelle aux prélèvements sociaux qui sera détaillée ci-après, les dépenses du RSA « chapeau » seront financées par l'Etat, sans contribution des collectivités territoriales. Selon le Haut commissariat aux solidarités actives contre la pauvreté, le montant des dépenses financées par le FNSA s'élèvera en année pleine à 3,25 milliards d'euros.

Le coût brut total du dispositif RSA est donc évalué à 9,75 milliards d'euros en année pleine, pour environ 1,7 millions de foyer ce qui représente environ 3,72 millions de personnes couvertes (les allocataires plus 330.000 conjoints et 1,62 million d'enfants ou autres personnes à charge) ce qui représente un « coût annuel moyen » par personne de 2.620 €  (218 € /mois)!

A titre de comparaison en 2011, les recettes fiscales nettes de l’État devraient s’élever à 254,4 milliards d’euros.

Peut-on dès lors prétendre que l’effort consenti est à la hauteur de l’enjeu ? Combien de vies, meurtries, sans avenir, sans projets ? Et quel gâchis pour une société qui laisse sur le bord de la route tant de ses concitoyens, parmi lesquels combien de Georges Charpak, de Pierre-Gilles de Gennes, d’Albert Fert, de Claude Cohen-Tannoudji, de Roger Guillemin, de Françoise Barré-Sinoussi, de Luc Montagnier ???

Par Marc-Olivier Caffier - Publié dans : SOCIETE
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Samedi 1 janvier 2011 6 01 /01 /Jan /2011 15:27

La fin de l’année 2010 a vu le succès d’un « petit livre » (petit par le prix – 3 € - et le format – 30 pages) mais grand par la force de la conviction de son auteur Stéphane HESSEL.

« INDIGNEZ-VOUS » a ainsi été vendu à plus de 500.000 exemplaires, focalisant les nombreux motifs d’indignations qui ont égrené l’année qui s’achève.

Cette incapacité de notre société à agir sur les nombreuses difficultés manifeste, malheureusement de notre indifférence collective, même si, le succès de certains appels à la solidarité, la mobilisation des bénévoles associatifs qui au quotidien œuvrent pour réduire les excès des incontestables injustices qui prospèrent.

S’indigner est salutaire pour la santé mentale de notre société, quant bien même elle  demeure minoritaire (voire marginale). Reste à souhaiter qu’elle permette l’expression d’une autre conception de notre civilisation, soucieuse de partage, de respect de l’autre.

Stéphane HESSEL ne s’est pas contenté de « s’indigner », son parcours personnel donne du corps à son indignation : S’engager, encore et toujours. Ouvrir les portes de l’avenir. Ne jamais renoncer, ne jamais rester sur un échec. Et même la mort, la regarder comme une amie. Comme une porte qui pourrait s’entrouvrir sur une autre dimension. Puisque l’espérance est violente, comme le disait Apollinaire. Puisque le courage est l’autre nom de la poésie. Puisque l’amour et la beauté n’ont pas été vaincus par les nazis. Puisqu’il y a Chagall, et Picasso, et Duchamp, qui prouvent qu’il est possible de vivre autrement.

À propos de son engagement au sein des Nations unies, Stéphane Hessel donne libre cours à son lyrisme naturel. « J’ai 30 ans, me voici à New York. Je m’engage dans ce nouveau combat. Je participe à la rédaction de la Déclaration des Droits de l’Homme. Elle est adoptée sans un seul vote contraire ! C’est un texte ambitieux, infiniment précieux, auquel on a pu ajouter l’adjectif "u-ni-ver-sel". C’est unique dans l’histoire des relations entre États. Pour la première fois, il est dit qu’il existe des valeurs qui s’appliquent à tous les États et à tous les humains ».

En 1977, ambassadeur à l’ONU, il veut être de ceux qui apporteront une réponse efficace au problème du sous-développement. Il rédige un premier rapport sur la question, mais « Giscard n’en veut pas ». Un deuxième rapport commandé par Rocard, est mis au placard par Mitterrand. Un troisième rapport, remis à Lionel Jospin, sera lui aussi oublié. « Vais-je renoncer ? Je ne peux pas. Ce problème me préoccupe toujours. Je suis membre du Collegium international éthique, scientifique et politique, qui s’efforce de faire face à ce défi de la pauvreté dans le monde ».

Pour ce qui concerne le Proche-Orient, comme son ami Jean Daniel, Stéphane Hessel est de ces juifs qui considèrent la guerre des Six Jours comme une césure tragique. « Jusque-là, je donnais tort aux Arabes, ils n’auraient pas dû attaquer les Israéliens en 1948. Après 1967, j’ai constaté que les Israéliens laissaient passer toutes les occasions de changer d’attitude à l’égard de leur voisin. Nous sommes nombreux à penser qu’Israël va droit dans le mur... »

Lors du « débat » sur l’Identité National il s’indigne, il demande ce que font Sarkozy, Hortefeux et Besson. « Tous ces peuples ont créé puis ont enrichis cette fameuse identité nationale dont on nous rebat les oreilles. Le problème de l’immigration me préoccupe depuis plus de vingt ans, je m’inquiète pour les malheureux immigrés que l’on prive de leurs papiers, que l’on refuse de régulariser, et que l’on essaie d’expulser. Je travaille avec France Terre d’Asile, avec la FIDH... »

Il représente ainsi un exemple de ce que peut (doit ?) être le comportement d’une « minorité agissante », vigile d’un monde à la dérive et luttant inlassablement et quelqu’en soit les déconvenues, pour améliorer notre société.  

 

Par Marc-Olivier Caffier - Publié dans : SOCIETE
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Lundi 1 novembre 2010 1 01 /11 /Nov /2010 20:14

L'aide médicale d'Etat (AME) est une couverture de santé qui permet la prise en charge des dépenses de soins, de consultations médicales à l'hôpital ou en médecine de ville, de prescriptions médicales et de forfait hospitalier, par application des tarifs servant de base au calcul des prestations de l'assurance maladie.

Le bénéficiaire de l'AME est dispensé de faire l'avance des frais, à l'hôpital ou en médecine de ville.

 

L'aide médicale d'Etat (AME) est destinée aux personnes de nationalité étrangère :

  • qui résident en France de façon ininterrompue depuis plus de 3 mois,

  • mais ne disposent pas d'un titre de séjour,

  • et qui justifient de ressources annuelles ne dépassant pas le plafond applicable pour l'admission à la Couverture Maladie Universelle (CMU) complémentaire.

Cette couverture de santé bénéficie aussi aux personnes à la charge du demandeur.

 

Cette Aide médicale Etat bientôt réformée, avec à la clé un durcissement des conditions pour y prétendre ? C’est ce que souhaitent certains députés UMP, au motif que l’AME coûterait trop cher à l’Etat.

 

Les associations de défense des sans-papiers dénoncent une mesure de plus contre les étrangers.

 

L’AME concerne les sans-papiers vivant avec moins de 634 euros par mois (pour une personne seule). Le dispositif concerne 215.000 personnes, et permet aux étrangers en situation irrégulière, d’être pris en charge à 100% du tarif de la Sécurité sociale pour les consultations de médecine, la maternité et le forfait hospitalier.

 

En marge du texte de loi sur l’immigration et durcissant entre autres les conditions d’entrée en France, des députés UMP militent pour une restriction de l’AME, et ont déposé des amendements dans ce sens. Mercredi déjà, l’amendement déposé par le député Dominique Tian, et visant à limiter l’AME aux personnes en situation de soins urgents et vitaux, a été retoquée par la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale.

 

Restreindre l’AME aux soins urgents et vitaux, reviendrait plus cher à l’Etat, selon les associations et ONG

 

Face aux raisons évoquées par les députés UMP (réduction des dépenses de santé), tout le monde associatif est formel : l’AME coûte moins cher que restreindre de façon drastique l’accès des sans-papiers aux soins gratuits. Ainsi, il reviendrait nettement plus cher de prendre en charge, au dernier moment, un clandestin ayant besoin de soins urgents et vitaux, que de lui permettre de se soigner gratuitement, avant que la situation n’empire. Pour eux, une réforme de l’AMe serait une stigmatisation de plus de l’étranger, considéré comme "un profiteur". Les associations redoutent enfin qu’un durcissement des conditions d’accès à l’AME, ne poussent des milliers de sans-papiers à renoncer aux soins de santé, avec à terme, des coûts plus importants pour la collectivité

Par Marc-Olivier Caffier - Publié dans : SOCIETE
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Dimanche 31 octobre 2010 7 31 /10 /Oct /2010 11:56

 

Couvindignez-vous200.jpg

En librairie de 20 octobre 2010

(32 pages, 3€, Indigène éditions, diffusion Harmonia Mundi)

 

« 93 ans. La fin n’est plus bien loin. Quelle chance de pouvoir en profiter pour rappeler ce qui a servi de socle à mon engagement politique : le programme élaboré il y a soixante-six ans par le Conseil National de la Résistance ! » Quelle chance de pouvoir nous nourrir de l’expérience de ce grand résistant, réchappé des camps de Buchenwald et de Dora, corédacteur de la Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948, élevé à la dignité d’Ambassadeur de France et de Commandeur de la Légion d’honneur !

 

Pour Stéphane Hessel, le « motif de base de la Résistance, c’était l’indignation.» Certes, les raisons de s’indigner dans le monde complexe d’aujourd’hui peuvent paraître moins nettes qu’au temps du nazisme. Mais « cherchez et vous trouverez » : l’écart grandissant entre les très riches et les très pauvres, l’état de la planète, le traitement fait aux sans-papiers, aux immigrés, aux Roms, la course au « toujours plus », à la compétition, la dictature des marchés financiers et jusqu’aux acquis bradés de la Résistance – retraites, Sécurité sociale…

 

Pour être efficace, il faut, comme hier, agir en réseau : Attac, Amnesty, la Fédération internationale des Droits de l’homme… en sont la démonstration.

 

Alors, on peut croire Stéphane Hessel, et lui emboîter le pas, lorsqu’il appelle à une « insurrection pacifique ».

Par Marc-Olivier Caffier - Publié dans : SOCIETE
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Mercredi 20 octobre 2010 3 20 /10 /Oct /2010 10:53

« Et pourquoi nous haïr et mettre entre les races

Ces bornes ou ces eaux qu’abhorre l’œil de Dieu

…L’égoïsme et la haine ont seuls une patrie ;

La fraternité n’en a pas ! »

Alphonse de Lamartine (La Marseillaise de la Paix).

 

Des trois termes du triptyque, celui de fraternité a toujours été le plus nébuleux, et la crise sociétale que nous traversons actuellement me semble davantage être celle de la demande d'égalité et de fraternité que de la liberté. Nous n'avons pas de religion civile, car notre société s'est construite sur la séparation de l'Église et de l'État. La morale sociale qui a servi de corpus de valeurs collectives a un nom, la laïcité, qui n'est ni la neutralité ni la tolérance. C'est ce ciment-là, paradoxalement religieux, qui est en crise.

La question (et l’objet de cette réflexion) me semble donc être au-delà des mots, la réalité de la pratique de la Fraternité.

Ainsi notre république qui a mis en exergue la Fraternité la pratique-t-elle ?

Il faut dire que la fabrication de la devise, antérieure à notre époque, s'est échelonnée en trois mouvements, chacun d'eux correspondant à une époque distincte du processus révolutionnaire. Voici d'abord la Liberté, concept le plus populaire des premiers jours de la Révolution. Puis le 10 août ouvre la carrière de l'Égalité. Il faut attendre la fin de la période montagnarde pour voir donner sa chance à la Fraternité. Le rythme ternaire de la devise est donc un rythme de succession temporelle : selon Mathiez (historien français, spécialiste de la Révolution française), d'accord en cela avec Aulard (historien, radical-socialiste et un franc-maçon militant, qui cofonda la Ligue des droits de l'homme), suggérait que la Fraternité avait été un apport plus tardif encore, d'origine maçonnique, qui avait dû, pour s'imposer, attendre 1848.

Troisième élément de la devise de la République, la fraternité est ainsi définie dans la Déclaration des droits et devoirs du citoyen figurant en tête de la Constitution de l'an III (1795) : « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît ; faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir ».

Pendant la Révolution française, « la fraternité avait pleine vocation à embrasser tous ceux qui, français mais aussi étrangers, luttaient pour l’avènement ou le maintien de la liberté et de l’égalité ».

Selon Paul Thibaud, philosophe et ancien directeur de la revue Esprit, « Autant la liberté et l'égalité peuvent être perçues comme des droits, autant la fraternité est une obligation de chacun vis-à-vis d'autrui. C'est donc un mot d'ordre moral. »

Plus récemment dans le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, figure la proposition suivante : «Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence».

Certes certaines périodes de l’histoire de notre pays, en lui préférant d’autres triptyques, ont « assumé » le refus de respecter ces principes, mais notre république semble moins embarrasser par le décalage entre le principe affirmé et la réalité.

Alors l’affirmation de la Fraternité qui orne le fronton de tant d’édifice public de notre république est-elle un mythe sans réalité ?

Mythe est tiré du latin « mythus » qui veut dire « récit, légende ». C’est une représentation de faits souvent réels, déformés ou amplifiés par l’imagination collective, ou une pure construction de l’esprit.

Quelle utilité cependant à mettre en exergue des principes supposés fondateurs mais tellement éloignés de la réalité ?

S’agit-il d’une simple couverture morale ou d’un idéal sans cesse à conquérir ?

Un sondage effectué les 25 & 26 mars 2010 par TNS SOFRES comparait les trois termes de la devise de notre république. Il faisait apparaître que seul 14% des personnes interrogées étaient le plus attaché à la Fraternité (contre 47% pour la Liberté et 36% pour l’Egalité). 60% considéraient que la Fraternité était de moins en moins présente dans notre société, en raison, pour 47% des conditions de vie difficiles qui amènent les gens à se replier sur eux-mêmes et pour 46% à cause de la crise économique  qui rend les gens moins solidaires et plus individualistes.

Ce constat semble accréditer l’idée que la notion de Fraternité, dans l’esprit du public, nécessite l’acquisition préalable d’un bien être individuel que la prédominance des valeurs « matérielles » assimile à l’enrichissement, ce qui est contradictoire avec l’esprit même de la Fraternité et son corolaire la Solidarité dans la mesure ou la réaction à la crise qui touche le plus grand nombre semble être le « chacun pour soi » et non plus de Fraternité.

Et pourtant chaque année, quand la lumière du jour est au plus bas, comme le moral, souvent, quand s'en va novembre, et arrive décembre, s'emballe, avec l'active complicité des médias, qui battent tambour, l'une des plus fortes traditions nationales. Une sorte de temps de l'Avent caritatif.

Les Français se souviennent alors qu'ils sont frères en condition humaine. Ils se mettent à signer des chèques. Pour la recherche sur le sida, les grandes ONG, les banques alimentaires, les «chaînes de l'espoir» ou les orphelinats du bout du monde. Dans les supermarchés, ils achètent des provisions, qu'ils n'emportent pas, mais qu'ils laissent à la porte, à des ramasseurs bénévoles.

Les ministères expérimentés et les cabinets de conseils en communication qui entourent le gouvernement savent la période délicate. Gaffe! Ne pas plaisanter avec les symboles humains et humanistes. L'association dans une même réaction des deux grands moteurs de la générosité collective, le «laïcard-anar» et le néo-religieux, peut être détonante, en plein hiver. Même pour ceux qui ne l'ont jamais entendue, résonne encore aux oreilles du pays, par transmission culturelle souterraine, la voix indignée de l'abbé Pierre, le 1er février 1954, à 1h du matin, sur les ondes de Radio-Luxembourg (ancêtre de RTL). «Mes amis, au secours!».

«Une femme vient de mourir gelée, cette nuit (...) serrant sur elle le papier par lequel, avant hier, on l'avait expulsée...». «Chaque nuit, avait poursuivi l'abbé, ils sont plus de deux mille, recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d'un presque nu. Devant l'horreur, les cités d'urgence, ce n'est même plus assez urgent!»

Dans « L'Espoir » le roman qu’André Malraux consacra à la guerre d’Espagne, la fraternité règne en permanence. Elle n'imprègne pas seulement les grandes scènes du début de la guerre à Madrid et à Barcelone. Jusqu'à la fin du roman, cette fraternité illuminera toutes les scènes et même les plus dures : les combats acharnés de la Cité Universitaire, la défaite de Tolède, l'exode tragique de Malaga (...). Nous retrouvons la fraternité dans presque toutes les pages du roman préféré de Malraux, même si elle prend des visages différents. Les mobiles de l'engagement dans la guerre d'Espagne sont multiples mais il y a un dénominateur commun : la fraternité. C'est toujours un sentiment fraternel qui a poussé les héros de L'Espoir à se battre ».

Pour Manuel Pena Sanz, qui a consacré un article à ce roman, la fraternité qui irrigue le livre « n'appartient pas au monde des concepts, ni au champ des idées. C'est à dire que nous ne pouvons pas situer la fraternité dans le domaine des théories mais plutôt dans celui des sentiments. Il ne s'agit pas d'un sentiment quelconque, pas du tout d'un sentiment uniquement intérieur, spirituel. La fraternité appartient au monde de nos sentiments incarnés, vécus. On dirait même qu'elle est plus physique que spirituelle ».

Dans le roman, c'est Barca, paysan-vigneron catalan, qui donne la définition-clef de la fraternité à Manuel, l'ingénieur, et à Garcia, l'ethnologue : « Ecoute, Manuel, je vais te dire une bonne chose, que vous ne connaissez pas, tous les deux, parce que vous êtes trop... enfin, trop... vous avez eu trop de chance, disons. Un homme comme lui, Garcia, ne sait pas trop bien ce que c'est que d'être vexé. Et voilà ce que je veux te dire : le contraire de ça, l'humiliation, comme il dit, c'est pas l'égalité. Ils ont compris quand même quelque chose, les Français, avec leur connerie d'inscription sur les mairies : parce que le contraire d'être vexé, c'est la fraternité ».

Plus tard, à Tolède, pendant le siège de l'Alcazar, « on se demande pourquoi, lorsqu'un armistice de trois heures est accordé, les miliciens (républicains) se sont mis à distribuer cigarettes et lames de rasoir à leurs ennemis ». Garcia va reprendre à son compte l'explication de Barca : « Je crois que celui qui a donné les cigarettes, et le rigolo qui a apporté les lames, et ceux qui les ont suivis (...) ont obéi sans trop s'en rendre compte au même sentiment : prouver à ceux de là-haut qu'ils n'ont pas le droit de les mépriser. Ce que je dis là a l'air d'une plaisanterie ; c'est sérieux. La droite et la gauche espagnole sont séparées par le goût ou l'horreur de l'humiliation. Le Front Populaire c'est, entre autres choses, l'ensemble de ceux qui en ont horreur... Le besoin de la fraternité contre la passion de la hiérarchie, c'est une opposition très sérieuse ».

Alors la Fraternité, mythe ou réalité ?

Par Marc-Olivier Caffier - Publié dans : SOCIETE
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Lundi 2 août 2010 1 02 /08 /Août /2010 13:46

Diversité,

 

Comment toi différent par la couleur de peau

Ne saurait m’enrichir quand je vois ton sourire !

Et lorsqu’ayant compris le poids de tous tes maux

Je croise ton regard : comment te voir souffrir ?

 

Comment toi différent par la vie, par l’histoire,

Ce que tu as vécu, ce que tu peux m’apprendre

Qu’un regard singulier me permettrait de voir

Je peux imaginer de ne pas te comprendre !

 

Quand je vois tout l’espoir que tu mis dans ta fuite

Recherchant vers l’ailleurs, des raisons d’espérer

Risquant ta vie souvent, sans connaître la suite

D’un voyage où l’après existe en pointillé.

 

Quand je vois de quel prix tu paies notre confort

Qu’un équilibre injuste prétend vous imposer

Sous le prétexte odieux que la loi du plus fort

Est la seule qui vaille, quelle immoralité !

 

Après avoir foulé ta culture sans respect

Pour imposer la notre, utilisé ton sol,

Exploité tes ancêtres, les miens ont déserté,

Laissant un champ de ruine, se donnant le beau rôle.

 

Quand je vois le mépris dont tu es gratifié

Lorsqu’après les dangers tu as enfin foulé

Le sol de liberté que tu pensais trouver,

Je voudrai te crier ma solidarité.

 

Nous n’avons su apprendre à te connaître mieux

Préférant l’exclusion à la compréhension

Et refusant encore d’enfin ouvrir les yeux

Sur un monde préférant la paix à la tension.

 

Aujourd’hui j’ai envie de te connaître mieux

Respecter ta culture, apprendre ton histoire

Comprendre ton passé et visiter les lieux

Dont à travers le temps tu gardes la mémoire.

 

Aujourd’hui j’ai envie de te tendre la main

De croire que le monde à tous nous appartient

Que les fruits qu’il produit peuvent apaiser la faim

De tous. De devenir enfin Hommes de bien

 

Par Marc-Olivier Caffier - Publié dans : POESIE
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Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /Avr /2010 21:46

Le président Sarkozy a annoncé que les allocations familiales seraient "systématiquement" suspendues en cas d'"absentéisme scolaire injustifié".

Pour ce faire, Le gouvernement envisage de confier aux préfets la responsabilité de suspendre les allocations familiales aux parents en cas d’absentéisme scolaire de leur enfant, et de modifier, par voie législative, le dispositif existant.

Au-delà de la " posture " adopté par notre président, cette " position " dans le droit fil d’une stratégie de répression systématique et disons le " aveugle " constitue-t-elle une solution.

Il me semble que non, 3 fois non et ce sans sombrer dans l’angélisme :

En effet les allocations familiales ont vocation à compenser les charges liées à la présence d’enfants dans les familles. Il s’agit, en particulier dans les milieux les plus défavorisés (et fragilisé par la crise) et qui sont les plus vulnérables. Faire du versement des allocations familiales la " récompense " accordée aux "bons parents ". Si une mesure restrictive devait être prise, la logique de solidarité – et d’équité – devrait amener à s’interroger sur la pertinence de l’absence de conditions de ressource au détriment d’un redéploiement des allocations au profit des plus modeste. Par contre priver des familles de ressources, risque d’aggraver leurs difficultés.

Déjà par le passé, le législateur dans la loi du 2 janvier 2004 avait supprimé le dispositif de suspension et de suppression des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire, au motif qu’il était jugé inéquitable et inefficace.

L’absentéisme scolaire doit nous interpeller sur le pourquoi (pour soigner la cause) plutôt qu’être traité par un répressif injuste parce qu’inéquitable et qui renforcera le sentiment d’abandon des populations désorientées.

Le problème général de notre enseignement est profondément inéquitable : la multiplication des formations – payantes – complémentaires, accessible aux plus aisés, manifeste du sentiment que l’école ne suffit plus à assurer la formation.

Pour les plus pauvres, de tels compléments sont inaccessibles et la paupérisation des écoles des quartiers difficiles, l’absence de perspectives pour les enfants des quartiers difficiles ne sont probablement pas pour rien dans le désintérêt que l’école suscite, en particulier dans certaines familles exclues de l’emploi, de la socialisation. Les " punir " financièrement ne fera qu’accentuer leur sentiment d’être abandonné et exclus du système.

Par contre, donner des moyens aux écoles qui accueillent des enfants, défavorisés, les valoriser, adapter l’enseignement à leur spécificité, sacraliser l’école en leur permettant de se l’approprier constitue certainement une meilleure réponse.

Jusqu’à présent, l’empilement de mesures que des lois récentes n’ont cessé de créer les unes après les autres (loi du 2 janvier 2004, loi du 31 mars 2006 relative à l’égalité des chances, loi du 5 mars 2007 sur la prévention de la délinquance, et loi du 5 mars 2007 sur la protection de l’enfance).La mise en place en 2009, par le Ministre de l’éducation nationale et la secrétaire d’Etat à la Ville, de 5 000 postes de médiateurs de réussite scolaire pour participer à la prévention de l’absentéisme et au renforcement des liens entre les parents et l’école l’organisation au sein des établissements des actions de soutien à la parentalité, et d’appuyer la lutte contre l’absentéisme et le décrochage par la création d’un lien fort avec les familles dans et hors de l’établissement, n’ont jusqu’à présent pas fait leurs preuves. Doit-on détruire ce qui a été fait, ou tenter d’en améliorer l’efficacité, dans un esprit d’incitation, de recherche de solutions positives, d’expérimentations.suivies de généralisation, d’échange avec le personnel d’éducation de terrain ?

Depuis la loi de 2006, un contrat de responsabilité parentale peut être passé avec les parents fixant leurs devoirs en échange de " mesures d’aide et d’action sociales relevant du président du conseil général de nature à contribuer à résoudre " leurs difficultés. En cas de manquement au contrat, le président du conseil général peut demander la suspension du versement des allocations. Il convient de noter que les maires et les préfets ont toute latitude pour saisir les conseils généraux pour la mise en place de ce contrat. Font-ils usage de cette possibilité ?

Avant de poser la question de la sanction, il serait utile de savoir combien de contrats de responsabilité parentale ont été conclus. Quels ont été les moyens mobilisés pour soutenir les parents ? Quels en ont été les résultats ? Si le nombre de contrats est faible, il convient d’en rechercher les causes et non de modifier, une nouvelle fois, un dispositif qui n’a fait jusqu’à présent l’objet d’aucun bilan.

L’Éducation des enfants constitue incontestablement une responsabilité qui nous concerne tous, enfants, parents, enseignants, associatifs, élus … et c’est par la concertation entre les parties, la prise en compte des spécificités des uns et des autres, la capacité à expérimenter des solutions originales, la prise en compte des cas particuliers, une véritable politique de la main tendue, en particulier vers les publics les plus en difficultés. Bref c’est par un travail de terrain, dans le respect réciproque – y compris des enfants, que progressera la résolution de ce fléau humain et économique (9% des personnes âgées de 18 à 65 ans scolarisées en France sont en situation d'illettrisme ! ! !) qui gangrène une partie de notre société !

 

Par Marc-Olivier Caffier - Publié dans : SOCIETE
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Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /Avr /2010 19:27

En préalable à la négociation sur les retraites, le rapport du COR tombe fort opportunément pour tous ceux qui ont intérêt à créer les conditions d’un durcissement au détriment de nombreux salariés.

Pour pimenter le débat, s’ajoutent différentes enquêtes qui tentent d’opposer les soi-disant " privilégiés " que constitueraient certaines catégories sociales (fonctionnaires et quelques professions bénéficiant de régimes qui semblent plus favorables que ce de la plupart de salariés). Ainsi, la bonne vieille stratégie du " diviser pour régner " reste d’actualité.

En fait de quoi parle-t-on ? D’une extrapolation à partir de donnés dont personne n’est en mesure de valider le réalisme, qui tiennent plus de l’observation d’une boule de cristal que de l’analyse " scientifique ".

Que le problème de la retraite justifie qu’une véritable réflexion sur son devenir et sa pérennité soit engagée est une évidence. Que son financement, tel qu’il existe aujourd’hui soit pour l’avenir insuffisant, chacun peut l’admettre. Mais que cette réflexion soit uniquement " comptable ", et parte du principe que toute modification quant à ses modalités de financement est inimaginable, soit uniquement et définitivement basé sur une cotisation salariale relève du cynisme !

Il convient au contraire de mettre l’homme au centre de la réflexion et de se poser quelques questions qui me semblent évidentes :

  •  

  • Pourquoi pour de nombreux salariés la poursuite de leur activité professionnelle passé 60 ans est-il si insupportable ? Peut-être faut-il s’interroger sur le rapport au travail, la fatigue, le stress, qu’il génère pour de trop nombreux salariés !
  •  

     

  • Une retraite décente ne constitue-t-elle pas une obligation morale de la société vis à vis de chacun de ceux qui ressentent la fatigue et le besoin de " souffler " à un moment de leur vie personnelle et professionnelle ?
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  • Les profits – importants – réalisés par certaines entreprises ne sont-ils pas le fruit du travail des salariés de ces entreprises, de leur sous-traitant, des services dont elles ont bénéficiés de la part de la société en terme d’infrastructures, d’équipements, de formations ? Dès lors est-il choquant qu’elles participent à proportion du bénéfice qu’elles ont engrangés, au financement des retraites ?
  •  

De nombreuses questions auxquelles il conviendrait de répondre doivent être posées, dans le cadre de cette réflexion. Incompatibles avec une pseudo concertation à marche forcée imposée par une " majorité " - qui ne l’est plus objectivement – soucieuse de donner des gages à son électorat le plus conservateur mais surtout le plus égoïste.

La retraite doit être l’expression d’une véritable solidarité intergénérationnelle, et le débat d’aujourd’hui doit être mis à profit pour réfléchir à notre " vivre ensemble " sans tabou.

Par Marc-Olivier Caffier - Publié dans : SOCIETE
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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /Fév /2010 09:31

Laurent Wauquiez a estimé qu' " entre 350.000 et 400.000 personnes " risquent de se retrouver sans revenu de remplacement - ni allocation de solidarité spécifique (ASS) ni RSA socle (ex-RMI).

 

Pourtant, notre constitution précise dans l’alinéa 5 de son préambule : " Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances. " puis dans l’alinéa 11: " Elle – la constitution - garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence. "

 

Si nul ne doute qu’à quelques jours de élections régionales, les promesses se multiplient …. Qui seront tenues (? ?) après : L'Etat et l'Unedic débloqueront avant la fin mars " plusieurs centaines de millions d'euros " pour les chômeurs en fin de droits, a affirmé ce jeudi Laurent Wauquiez Le secrétaire d'Etat à l'Emploi. Il convient de s’interroger sur la pertinence de la gestion de l’emploi par un gouvernement qui semble découvrir un problème qui pourtant était prévisible, et le " changement de cap " opéré en matière de développement durable, la croissance " verte " apparaissant au fil des discours comme incapable de répondre au problème de l’emploi. Hors, l’analyse de la situation, en particulier en matière de logements, d’isolation et de mise aux normes environnementales ne présente-t-elle pas une formidable réserve de croissance " créatrice d’emploi " ? et n’est-elle pas susceptible d’inventer de nouveaux métiers susceptibles de se substituer à ceux qui vont disparaître dans les années qui viennent ?

 

Certes, il convient de trouver les moyens de financer une telle – ambitieuse – politique : cela relève de la solidarité, et la solidarité passe par une politique fiscale permettant de trouver les ressources où elles se trouvent…

Par Marc-Olivier Caffier - Publié dans : SOCIETE
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