Tout comme une réelle réflexion doit être envisagée, dans le cadre de la commune, sur la cantine (Bio ? Pas Bio ?
Pédagogique ?) et qui mérite une large concertation avec la population puisqu’au-delà de la cantine scolaire, se pose le problème de la livraison des repas à domicile, réalisés par le même
prestataire, notre comportement individuel en matière de courses alimentaires, pour qui tente « d’acheter responsable », est source de
réflexion.
Quelques constats, lors de mes courses effectuées chez différents commerçants de type « grande distribution », m’ont fait prendre
conscience de la problématique de la provenance des produits qui sont proposés par les distributeurs.
Je passe sur l’impossibilité (déjà évoquée) de connaître la provenance des légumes « en conserve », ou dont l’origine semble – dans
un pays qui demeure un important exportateur de produits agricoles – pour le moins surprenante (haricots verts made in chine !), mais force est de constater qu’en matière de produits
« frais » les provenances semblent parfois sujet à interrogation lorsqu’on sait que chaque pays a, de la sécurité alimentaire, des conceptions parfois particulières. Par ailleurs,
acheter n’importe où – par exemple des champignon « de Paris » made in Pologne ou Bulgarie , ou des artichauts (dont la Bretagne est
un important producteur) qui ont du traverser l’atlantique… - ne me semble pas résulter d’une prise en compte : des problèmes rencontrés par nos
agriculteurs, d’une politique intégrant la problématique « développement durable » (quel intérêt de traverser le monde pour aller acheter, en Chine, les légumes que nous produisons dans
notre propre pays – à part, pour le distributeur, améliorer sa marge), et d’un souci de contrôler la qualité des produits proposés aux consommateurs lorsque l’on sait que la masse des
marchandises qui arrive en Europe exclu un contrôle systématique.
Certes, la problématique « économique » n’est jamais absente lorsqu’on connait les difficultés financières éprouvés par de
nombreuses familles, mais on ne peut être qu’interpelé par les marges dégagées par la grande distribution, et les difficultés rencontrées par les agriculteurs.
N’existe-t-il pas un modèle alternatif qui permettrait d’offrir des produits de qualité aux consommateurs, à un prix raisonnable ? Il
n’existe probablement pas de solution miracle. Mais une multitude d’initiatives permettant aux citoyens, chacun à la mesure de ses moyens et de ses besoins, d’adopter un comportement plus
respectueux de notre environnement, constitue probablement une réponse adaptée.
Incontestablement, les AMAP sont une des réponses à cette problématique, et, compte tenu de l’impact de cette nouvelle forme de consommation,
responsable et respectueuse de notre environnement, mérite une attention toute particulière de la municipalité, qui peut jouer un rôle d’information et de facilitation.
Mais qu’est-ce qu’un AMAP ?
Une AMAP naît en général de la rencontre d'un groupe de consommateurs et d'un producteur prêts à entrer dans la démarche. Ils
établissent entre eux un contrat pour une (on distingue en général 2 saisons de production : printemps / été et automne / hiver), selon les modalités suivantes :
Ensemble, ils définissent la diversité et la quantité de
denrées à produire pour la saison. Ces denrées peuvent être aussi bien des fruits, des légumes, des œufs, du fromage, de la viande...
La diversité est très importante car elle permet aux partenaires de l'AMAP de consommer une grande variété d'aliments, d'étendre
la durée de la saison, et de limiter les risques dus aux aléas climatiques et aux éventuels problèmes sanitaires.
Pendant la saison, et ce de manière périodique (ex. une fois par semaine), le producteur met les produits frais (ex. les fruits
et légumes sont récoltés le matin même de la distribution) à disposition des partenaires qui constituent leur panier. Le contenu de ce dernier dépend des produits arrivés à maturité. Il est
possible, dans une certaine mesure, d'échanger les produits entre eux selon ses préférences.
Contrairement à la grande distribution, les consommateurs en AMAP accordent moins d'importance à la standardisation des aliments
; tout ce qui est produit est consommé (alors que dans l'autre cas, ce peut être jusqu'à 60 % de la récolte qui reste au champ). Ce principe est d'une part est très valorisant pour le producteur,
et d'autre part il permet de diminuer le prix des denrées en reportant les coûts sur la totalité de la production.
Le groupe de consommateurs et l'agriculteur se mettent également d'accord sur les méthodes agronomiques à employer. Ces
dernières s'inspirent de la charte de l'agriculture paysanne et du cahier des charges de l'agriculture biologique (les producteurs possèdent souvent le logo AB). En effet, les participants à
l'AMAP recherchent des aliments sains, produits dans le respect de l'Homme, de la biodiversité et du rythme de la Nature.
Les AMAP participent ainsi à la lutte contre les pollutions et les risques de l'agriculture industrielle et favorise une gestion
responsable et partagée des biens communs.
Derniers points de discussion préparatoire au lancement de l'AMAP : le prix du panier, le lieu et l'heure de la distribution
périodique.
Le prix du panier est fixé de manière équitable : il permet au producteur de couvrir ses frais de production et de dégager un
revenu décent, tout en étant abordable par le consommateur.
Il est en général proche de celui d'un panier composé de la même manière en grande surface, tout en ayant une qualité
nutritionnelle et gustative supérieure (dégagé du soucis de rendement et de vente, le producteur recherche la satisfaction des consommateurs en privilégiant les variétés végétales -ou races
animales- de terroir ou anciennes reconnues pour leur qualité gustative).
Un tel prix est rendu possible du fait de l'absence de gâchis au niveau des produits, de l'absence d'intermédiaires entre le
producteur et les consommateurs, et d'un emballage minimum voir absent.
Afin de permettre la participation de tous à l'AMAP, et notamment des consommateurs à faible revenu, différentes possibilités de
règlement existent, par exemple la mensualisation des encaissements des chèques ou la réduction du prix du panier en échange d'une aide à la distribution.
En achetant leur part de production à l'avance, les consommateurs garantissent un revenu au paysan. L'AMAP participe ainsi au
maintien d'une agriculture de proximité et à la gestion de la pression foncière.
Quant au lieu de distribution, il peut s'agir soit de la ferme elle-même si les partenaires de l'AMAP vivent dans un périmètre
proche de celle-ci, soit d'un point de chute situé en ville (maisons de quartier, magasin d'alimentation spécialisée, cour d'immeuble,...).
L'horaire, enfin, est fixé de manière à convenir au plus grand nombre. Afin de permettre au producteur de se concentrer au mieux sur la
qualité de son travail, un comité de bénévoles est formé parmi les consommateurs partenaires de l'AMAP. Il comprend en général un coordinateur, un trésorier, un responsable de la communication
interne, un responsable animation et un coordinateur bénévole.
Les engagements des consommateurs
En adhérant à une AMAP, le consommateur prend les responsabilités suivantes :
* S’engager en payant se part de la récolte à l’avance, en comprenant
que cela inclut le partage des risques et des bénéfices avec la ferme, pour la saison à venir.
* Venir chercher son panier au jour et à l’heure dits. Prévenir s’il
ne peut prendre son panier (retard, vacances, etc.) et convenir d’un arrangement selon les possibilités qui ont été définies au début de la saison.
* Communiquer en toute franchise et liberté ses bonnes remarques, ses
questions ou ses insatisfactions directement auprès de son producteur et du coordinateur, pour qu’ils puissent examiner ensemble si des explications ou des améliorations sont
possibles.
* Partager ses idées et ses initiatives avec la ferme et les autres
partenaires afin d’améliorer le fonctionnement du projet.
Les engagements des producteurs
En devenant partenaire d'une AMAP, le producteur prend les responsabilités suivantes :
* Produire une diversité de légumes et d’autres éléments, si
possible, pour composer des paniers variés.
* Livrer les produits au jour et à l’heure dits.
* Aviser ses partenaires en cas de problèmes exceptionnels qui
affecteraient la livraison ou toute activité : problème climatique grave, maladie, etc.
* Être ouvert pour expliquer le travail de la ferme à ses
partenaires.
* Prendre en compte les remarques et les besoins de ses partenaires.
Dans le cas où il ne peut satisfaire à une demande, en expliquer les raisons. Effectuer une évaluation à la fin de la saison.